Il était une fois...

A la question du choix de notre nom se pose souvent l’interrogation des origines de notre association. Le 25e anniversaire de notre ONG est une excellente opportunité pour éclairer les lanternes des plus curieux d’entre vous.
Tout a commencé par un pur hasard (comme toujours), avec la complicité du Père Georges RUFFIO. Alors que Paul GIL et moi même étions à la responsabilité de la Communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge (Marseille), Georges officiait en Guinée comme père instructeur. Dans une de ses correspondances, il nous alertait d’un cas de cataracte chez une jeune fillette de 8 ans. Septiques, nous lui demandions de réviser son diagnostic, pensant que ce type de pathologie ne s’appliquait qu’aux personnes âgées.
Betty souffrait bien d’une cataracte congénitale bilatérale. Une cécité complète l’attendait sous peu sans une intervention chirurgicale inévitable. Nous étions en 1993. Une première mission a détecté bien d’autres cas d’enfants touchés aussi par la maladie. A l’idée de les opérer tous à Marseille s’est rapidement substituée celle de monter une structure ophtalmologique opératoire dans le pays.
Pendant une dizaine d’années, Betty et 50 autres enfants ont été accueillis en France pour des opérations particulièrement délicates à réaliser sur place. Pendant ce temps, nous avons cherché, repéré, annexé, équipé et formé la toute première unité ophtalmologique guinéenne capable de pratiquer des opérations d’extraction extra-capsulaire du cristallin. Dix autres se sont créées par la suite.
25 ans plus tard, la motivation est la même. Paul nous a quitté, les administrateurs se sont succédés, la Guinée a accueilli d’autres pays terrains d’actions de nos programmes et les médecins locaux formés se comptent désormais par dizaines.
Lorsqu’au printemps 1994 nous rédigions les statuts de Voir La Vie, nous étions certains que l’aventure ne serait pas dictée pour durer. Que bientôt les politiques de santé publique des pays dans lesquels nous intervenions auraient la capacité de poursuivre le développement des soins oculaires au bénéfice de leurs populations.
C’est surement cette naïveté qui nous pousse encore et encore à croire en la nature humaine, à toute l’énergie qu’une personne peut consacrer à aider son prochain, quelle que soit la situation politique ou confessionnelle rencontrée.
 
Nicolas GERAKIS, président